HISTOIRE DE LA MARINE ALGERIENNE

L'histoire de la marine algérienne est une épopée comblée d'héroïsme et de patriotisme, tracée par des hommes qui sillonnaient les mers et écumaient les côtes au prix de mille dangers et au péril de leur vie. Armés de courage et d'abnégation, ces hommes d'exception parvinrent à repousser une myriade de campagnes nourries de tendances hégémoniques visant à s'emparer de la Régence d'Alger, ils bouleversèrent l'ordre établi en Méditerranée, la dominèrent et firent de leur flotte un bouclier protecteur des côtes algériennes et la pierre angulaire de l'Etat algérien moderne.







Le caractère héroïque et sublime des exploits de la flotte algérienne fit d'elle une source de fierté, suite au convoi des réfugiés morisques fuyant la pression de l'inquisition espagnole de l'Andalousie. Par ailleurs ces mêmes exploits furent maudits par les espagnoles qui dirigèrent plusieurs campagnes pour détruire la flotte algérienne, particulièrement après le déclin du Califat islamique et la chute de Grenade en 1492.



La suprématie maritime de la flotte algérienne connut son apogée pendant trois siècles environ. Au début du dix-neuvième siècle, la flotte algérienne s'était retrouvée archaïque face au progrès technique et scientifique acquis par les puissances européennes car les Réis de l'époque manifestaient peu d'intérêt au développement technologique. Puis vint la défaite de la bataille de Navarin en 1827 qui la rendit vulnérable à toute attaque, chose qui poussa Charles-X à imposer un blocus naval qui s'était terminé par la prise d'Alger en 1830.



Durant l'époque coloniale, l'administration française interdisait aux Algériens toute activité maritime, jusqu'au lendemain de la tenue du Congrès de la Soummam en 1956, apparut l'impérieuse nécessité de former à l'étranger des cadres au service de l'ALN dans les domaines de Commandement d'embarcations, hommes-grenouilles, capables de mouiller et de démanteler des mines.



La guerre terminée, l'indépendance acquise, c'est l'euphorie de l'indépendance, l'Algérie recouvre son intégrité territoriale et politique en tant qu'Etat et Nation après proclamation de son indépendance le 05 juillet 1962. Au cours de ces événements, la marine nationale algérienne est créée en 1963, au sein du Ministère de la Défense Nationale sis au boulevard Franklin Roosevelt, et transférée par la suite à l'Amirauté, le 01 juin 1964.



La marine nationale fut l'objet de plusieurs changements structurels, dictés par l'impérieuse nécessité de gérer ce corps sensible de l'Armée avec une vision plus contemporaine. Durant la période allant de 1962 à 1977, la marine nationale était une direction maritime auprès du Ministère de la Défense Nationale jusqu'en 1986, où celle-ci est reconvertie en une structure haute, digne de missions et d'organisation particulières.

Les étapes de développement de la marine algérienne


 

Depuis la première année du recouvrement de l'indépendance nationale en 1962, le développement de la marine algérienne s'est basé sur la formation de l'administration et l'acquisition de matériel nécessaire aux besoins de l'Etat.

 






Après l'indépendance, en 1962, la flotte algérienne consistait en :

 
  1. Deux unités de combat, de construction anglaise, type démineurs, baptisées: « Sidi Ferruch » et « Djebel Aurès ». Il y a lieu de signaler, le naufrage de l'embarcation « Djebel Aurès » en avril 1963, lors d'une intempérie, la marine algérienne perdit trois de ses hommes : le lieutenant Ali Nourrine et deux autres marins ;

  2.  
  3. Trois vedettes lance-torpilles, réceptionnées en 1963.

 

La première étape: 1962-1967


 

Cette étape a connu une politique de formation intensive et l'acquisition de nouvelles installations et moyens de combat capables de défendre nos côtes des cupidités étrangères. La marine nationale acquît des unités de combat, des navires de soutien, vedettes lance-missiles, type R183, des vedettes lance-torpilles type 183, et d'autres unités anti-sous-marines type 201, des vedettes lance-missiles, type R205, des navires topographiques, navires de soutiens de plongeurs et mouilleurs de mines.

 

La récupération de la Base Navale Mers El Kebir, le 02 février 1968, représente un acquis national monumental, vu l'importance de cette base ayant permis à la marine nationale de posséder un outil de commandement et de soutien technique, logistique, et dissuasif dans la région.

 

La deuxième étape: 1968-1975


 

La marine nationale est l'une des branches des Forces Armées Algériennes, chargée d'appuyer la politique de défense de l'Etat et ses aspirations et de relever les grands défis que connaît le bassin méditerranéen. Durant cette étape l'exercice de ses missions se résumait en la protection du trafic maritime, la défense des structures et complexes industriels sis tout au long des côtes algériennes, en plus de sa contribution aux activités de police maritime et la lutte contre les catastrophes naturelles et la pollution.

 

La troisième étape: 1975-1990


 

Consciente des obstacles qui perturbent la stabilité du bassin méditerranéen, notamment en matière de sécurité de nos côtes, la marine nationale s'est dotée de plusieurs unités de combat, à savoir : navires d'escorte, navires lance-missiles, vedettes lance-missiles, sous-marins, navires ravitailleurs et de soutien.

 

Le Service Nationale des Garde-côtes, s'est pour sa part doté de vedettes de 20 et 30 mètres de long, de vedettes portuaires de 12 mètres de long, et à partir de l'année 1984 il a été procédé à l'achat de patrouilleurs de 37.5 mètres de long, d'embarcations rapides semi-rigides et des vedettes de sauvetage.

 

En vue de dissuader toute incursion du domaine maritime algérien, la marine nationale a édifié des postes d'observations tout au long des côtes, et a installé des groupements d'artillerie côtière et de missiles de défense côtière, des bataillons d'infanterie marine, dont le premier a été crée en 1983, et s'est dotée d'avions de patrouille.

 

Pour assurer l'assistance technique et le soutien multiformes, les bases navales ont été dotées d'atelier de réparation de la flotte. Par ailleurs, plusieurs écoles et centres d'instruction on été édifié au profit des (officiers, sous-officiers et djounouds à Tamenfoust, Jijel, Arzew et Ghazaouet dans les spécialités répondant aux besoins des Forces Navales.

 

La quatrième étape: 1990 à nos jours


 

Durant cette période, les Forces Navales se sont renforcées de bataillons d'infanterie, ayant massivement participé dans la lutte antiterroriste terrestre en compagnies des autres unités de l'Armée Nationale Populaire. Il a été procédé également à la création d'un projet AFFAK et la création de nouvelles divisions à l'instar des divisions : Navale des Corvettes lance-missile, Aéronavale et de Détection et de Contrôle des Approches Maritimes.

 

Aujourd'hui, les Forces Navales se sont transformées en un vaste atelier par la concrétisation de plusieurs projets de modernisation, à commencer par : l'aménagement de leurs infrastructures de base telles que la Base Naval Mers El Kebir et la Base Naval de Jijel, la rénovation de leurs flotte par l'acquisition de nouvelles unités visant le renforcement de la sureté et la sécurité de leurs zone de responsabilité et assurer une formation de qualité pour leurs personnels depuis leur incorporation.

 

Par ailleurs, les Forces Navales Algériennes ont réceptionné le navire-école « la Soummam », inauguré par son excellence le président de la république Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Chef Suprême des Forces Armées, Ministre de la défense nationale, en date du 04 septembre 2006.

 

Les Forces Navales Algériennes ont réalisé un grand pas dans le domaine opérationnel par l'établissement de liens de coopération et de partenariat avec les marines étrangères, l'exécution d'exercices bilatéraux et multinationaux (REIS HAMMIDOU, MEDEX E, MEDEX I, et PHOENIX EXPRESS), en plus des campagnes d'instruction et des longs départs en hautes-mers.